Etre, Healthy Living

Confinement : comment le vivre heureusement ?

 La période de confinement impose de se retrouver avec soi-même et avec ceux ou celles qui nous entourent pour les familles.

Comment gérer ce nouveau type de relation, où au quotidien je me retrouve seul(e) avec moi-même, mais aussi en présence constante des autres.

Les conseils de Géraldyne Prevot Gigant, psychopraticienne depuis 25 ans.

5743D’abord, le mot, confinement. Il vient de confiner :  qui touche aux limites et forcer à rester dans un espace limité. Certain (e) s le vivent  comme une punition, ou ne parviennent pas le vivre tranquillement . Quel est votre éclairage quant à cet impératif : devoir se confiner( n’oublions pas que c’est pour sauver des vies) ?

Il vient de confiner :  qui touche aux limites et forcer à rester dans un espace limité. Etre confiné sous entend un espace réduit, être enfermé et donc, je pense que cela peut éveiller une appréhension, une anxiété…L’idée d’être enfermé dans un petit espace (même si la ou les personnes vivent dans une grande maison) peut être particulièrement anxiogène. Nous n’appréhendons pas tous de la même façon le manque d’espace.

boiteDonc, le fait d’être en confinement amène à ce poser  une question importante :   Comment puis-je créer de l’espace dans une situation où mes mouvements  sont réduits ? En effet, je ne peux plus sortir prendre en verre, aller danser faire ce que j’ai envie de faire quand j’ai envie de le faire.

On associe l’absence de mouvements au manque de liberté.
Heureusement, nous avons une solution pour vivre bien ce manque de liberté, nous pouvons trouver de l’espace à l’intérieur de soi, un espace psychique.
Bien sûr, je dois avouer que les personnes qui ont déjà amorcé un travail de psychothérapie vivent mieux ce genre de situation inédite. Elles ne se sentent pas coupés des autres.

En revanche, les personnes qui sont en constante agitation (sortir, aller en salle de sport tous les jours, à l’extérieur de chez soi tous les week-ends et en soirées…) vivent très difficilement le confinement. Ce sont des personnes coupées d’elles mêmes. Et, elles ne s’en rendent pas toujours compte…

chaineCe sont parfois des personnes dépendantes affectives ou des personnes addicts à la cigarette aux cafés, à l’alcool, aux jeux vidéo. Elles cherchent à remplir un vide qui se fait sentir depuis toujours. La situation contraignante du confinement leur est difficile.

Ce qui est important de savoir c’est que les effets du confinement sont les suivants : stress, colère, irritabilité, manque de concentration, difficulté de concentration, tristesse, état dépressif, insomnies ou baisse de la qualité de sommeil, risques d’addiction, somatisations.

Mais alors comment gérer ce confinement ?

Le confinement est une invitation à la rencontre véritable à soi-même. C’est un espace de réflexion où l’on va pouvoir faire le point  que l’on soit seul, en couple ou en famille.

Les personnes qui ne sont pas en contact avec elle-mêmes vont tenter de remplir leur journée par diverses activités compulsives : réseaux sociaux, appels téléphoniques en non stop, pratique intense de la gym en vidéo…l’objectif étant d’éviter la connextion à soi.

Il est pourtant possible de vivre ce confinement comme une opportunité pour se découvrir et partir à la rencontre de soi-même.

Comment être connecté à soi, tout en gérant la présence de l’autre?

Si nous sommes dans le cadre d’une relation de couple, c’est un vrai challenge. La situation inédite du confinement, comme tout huit clos, fait émerger tout ce que nous évitons de regarder à l’accoutumé. Dans cet enfermement, on ne peut plus fuir, c’est alors que nous sommes fasse à ce que nous devons régler.

loveUn couple sain trouvera rapidement son modus vivendi. Chacun est conscient de ses besoins, et chacun fait en sorte qu’ils soient respectés.

Un couple qui bat de l’aile va se retrouver confronter à ce qui n’est plus vivable et devoir régler la situation, d’une manière ou d’une autre : soit décider d’entamer une thérapie de couple soit prendre de la distance ou bien se séparer.

Les couples fusionnels peuvent aussi connaitre des moments de tension. Il s’agira là d’une tentative inconsciente de créer de l’espace psychique. Trop près, trop longtemps n’est pas possible. Dans ce cas il sera salvateur de passer plusieurs heures dans des pièces séparées à accomplir des activités agréables pour ensuite se retrouver dans le même espace et savourer la présence de l’autre. Si l’appartement est trop petit : regarder un film avec un casque pour l’un, de la lecture ou faire la cuisine pour l’autre fera l’affaire.

Un couple en dysfonctionnement, c’est-à-dire dans un équilibre précaire émotionnel, affectif va vivre ce confinement comme quelque chose à subir.
C’est souvent à ce moment là que l’on peut constater pourquoi les personnes sont ensembles…Si c’est pour reproduire un modèle sociétal (former un couple, puis avoir un enfant…) ou encore ne pas être seul. Pour eux le confinement va être difficilement gérable, contrairement à un couple qui a vraiment choisi d’être ensemble.

Lorsque nous sommes en famille, c’est indispensable que chacun exprime ses besoins. Il est précieux que chacun possède sa pièce,ce qui s’avère plutôt rare dans les grandes villes comme Paris, Lyon…
Donc, dans ce cas, tout comme pour le couple fusionnel chacun doit avoir des moments avec lui-même, un moment d’isolement pour ensuite avoir des moments où tout le monde se retrouve pour partager des échanges, des discussions, des jeux….

Le confinement pour les familles s’avère être une occasion de rééquilibrer les relations,  instaurer d’autres habitudes. Il est important qu’il n’y ait ni fusion, ni séparation, simplement la juste distance…

Pourquoi l’intériorité est nécessaire ?

Tout d’abord, une bonne connexion apporte un sentiment d’équilibre, de confiance et annule le sentiment de dépendre des autres. En nous-même, nous avons nos propres ressources : la créativité, la joie, le bien être….

N’oublions pas « si je ne suis pas connectée à moi-même, je suis dépendante de ce qui m’entoure. Donc des autres, de l’autre, de mon environnement… » De ce fait, nous perdons notre équilibre émotionnel, relationnel, notre capacité à prendre du recul.

Nous sommes dans une société qui entretient l’extériorité (le tout à l’image notamment). Aujourd’hui , même s’il existe un effet de mode, nous constatons que nous parlons beaucoup de méditation, de pleine conscience. Oui, les personnes sont en quête aussi d’autre chose, elles ressentent ce besoin.

Sachez qu’ en fonction des blessures que nous avons, nous vivons la solitude comme une accentuation des manques ou au contraire, comme une possibilité incroyable de s’enrichir.

En général, c’est d’abord mal vécu suite aux blessures pour évoluer vers un enrichissement, n’est ce pas ?

Oui, c’est un parcours initiatique. On contacte nos parts douloureuses pour les transformer, les transcender. C’est une alchimisation. Mais qui n’est faisable qu’accompagné d’un professionnel spécialiste. Dans le cas contraire cette expérience peut être douloureuse, effrayante voir impossible.

loL’amour de soi nous permet-il de mieux gérer notre quotidien ?

Tout à fait. D’ailleurs à ce sujet, j’aimerais insister sur l’Amour de soi (celui qui se place au sommet de la pyramide, pourrait-on écrire) , la confiance en soi (en 2ème position) et l’estime de soi (le bas de la pyramide).

Il est essentiel de comprendre la différence :

L’Amour de soi
C’est éviter l’autocritique (ah, mais que suis-je bête pourquoi n’y ai-je pas pensé plutôt, ou mince, que je suis étourdie, pourquoi ai-je dit cela c’est complètement stupide, je n’ai été assez ….ou trop …) cela vient de notre surmoi.
Se parler à soi même en toute bienveillance, avec douceur, et amour voilà qui chérit notre amour de nous-même. C’est s’autoriser à aller vers des personnes bonnes pour nous, et éviter celles qui sont susceptibles de nous détruire.
La dépendance affective et l’addiction à des substances par exemple sont des actes de non amour de soi.

La confiance en soi
Lorsque nous avons conscience que nous maîtrisons telle situation, telle activité. Nous avons confiance en notre capacité à réaliser telle ou telle chose.

L’estime de soi
C’est la valeur que l’on se donne dans certains contextes. « j’estime que je suis une bonne professionnelle »

Cependant, nous pouvons avoir de l’estime de nous-mêmes, de la confiance en nous-mêmes…et ne pas nous aimer.
Et ne pas s’aimer engendre de nombreuses disconvenues dans bien des domaines (sentimentaux, professionnels, relationnels…).

Revenons au confinement : peut-on connaître la joie en plein confinement ? Pourquoi ? Comment ?

Pour certaines, certains cela peut être difficile. En effet, cela dépend tant des tempéraments, du caractère, et de notre joie de vivre.
Je tournerais plutôt la question ainsi : Quels seraient les conseils que je peux donner pour garder un équilibre émotionnel , comment garder contact avec les ressources intérieures, la joie, la bonne humeur…

D’abord, privilégier le lien, car nous avons la chance de vivre un confinement en ayant à disposition de nombreux moyens de communication. Nous pouvons être connectés avec n’importe quel individu de la planète. Et il est important de garder le lien. C’est vital, ne serait ce que pour notre équilibre psychologique.

Nous pouvons nous rendre compte que même séparé physiquement, nous avons besoin de « reliance » qu’il faut entretenir. La joie peut venir de cette reliance mais pas que.

S’autoriser à faire ce que nous avons envie, organiser sa journée. Agir, comme si nous étions en vacances car le confinement ne va pas durer 15 jours, et il est important de pouvoir tenir dans la durée. J’ai envie de dire « essayez de faire de vos journées des moments savoureux ».

Et puis, en fin de chaque journée, faire ce que je nomme l’exercice de gratitude. Quels ont été les moments positifs de la journée : j’ai vu un bon film, j’ai partagé un moment de rire avec mon enfant, j’ai vu un rayon de soleil illuminé ma pièce que je ne vois pas car d’habitude je suis au bureau, j’ai cuisiné avec mon mari…

Le confinement est vraiment impératif pour éviter la contagion. Il doit être respecter. Et pour bien le respecter, et tenir dans la durée, il est indispensable  de bien le vivre pour éviter des conséquences psychologiques qui se révéleront durant et en fin de confinement, ou tout simplement pour éviter d’avoir un besoin compulsif de sortir.

Aidons nos soignants, restons chez nous et profitons de ce temps pour tenter  de devenir la plus belle personne que nous sommes.

(crédit photo : image à la une Pixabay, Photographie de G Prevot Gigant fournie par elle-même (confinement oblige) , et le reste Pulcherry)

2 réflexions au sujet de “Confinement : comment le vivre heureusement ?”

  1. Hello, très bel article. Pour ma part ça va je ne me plains pas, je prends le temps de faire des choses que je n’ai pas le temps d’ordinaire, c’est plutôt plaisant, on prend le temps de faire les choses autrement, et de se recentrer sur l’essentiel.
    Très belle soirée, courage et prenez soin de vous 🙂

    Aimé par 1 personne

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