Médecine & Chirurgie esthétique, Non classé

Hommes femmes : l’inégalité du poids de l’apparence

« Homme – Femme : mode d’emploi de l’inégalité des apparences » pourrait-on écrire en évoquant le dernier ouvrage du Docteur Catherine de GOURSAC et de Bénédicte FLYE SAINTE MARIE. En effet, si l’apparence a toujours eu son rôle à jouer dans notre société,  l’existence des réseaux sociaux n’a fait qu’amplifier ce fait. Cependant, l’apparence des femmes ne ressemble pas à l’apparence des hommes.

Et si on rencontrait Bénédicte FLYE SAINTE MARIE pour en parler ? 

 

2018-06-03-14-03-55Si les inégalités salariales entre les hommes et les femmes furent les sujets d’actualité dernièrement, il est une autre inégalité qui existe : l’apparence. Comment notre société façonne les femmes plus que les hommes pour leur tailler une silhouette correspondant à des idéaux ?

Plus que les modeler, je pense qu’elle les martèle et ceci depuis leur plus tendre enfance. Quelles sont en effet les premières représentations féminines auxquelles les petites filles ont accès ? Ce sont souvent les Barbie ou les princesses Disney qui présentent des mensurations tellement irréalistes qu’elles en deviennent comiques. Les Elsa, Ariel, Jasmine, Aurore et autres ont, millimétrage à l’appui, les yeux plus gros que le ventre !!  Et cela ne s’arrange pas ensuite à l’adolescence puis à l’âge adulte quand elles sont confrontées quasiment non-stop, via les spots et les affiches publicitaires, les magazines et les réseaux sociaux à des créatures non seulement maigrissimes mais également savamment retouchées grâce aux pouvoirs magiques du Dieu Photoshop ! C’est un lent et constant embrigadement qui explique pourquoi il est difficile de s’accepter avec la morphologie et le visage que Dame Nature nous a octroyés.

Quel est, en 2018, l’idéal de beauté masculin, féminin ? Comment l’expliquez –vous ?

Le canon de beauté féminin actuel est presque une chimère, il faut être jeune même quand on ne l’est plus ou moins, d’où l’essor des techniques de médecine et de chirurgie esthétique. Il faut être svelte, voire très svelte, mais avec des formes « là où il faut ». Bref, à moins d’avoir d’une génétique exceptionnelle, c’est quelque chose que l’on ne possède pas naturellement. Certaines époques ont célébré les courbes opulentes, d’autres la minceur mais aucune n’a été aussi intraitable que la nôtre, qui voudrait que l’on réussisse à conjuguer ces deux paramètres qui sont antinomiques. Le modèle masculin demeure moins oppressif mais il faut toutefois obéir à certaines caractéristiques, haute taille, fraîcheur de l’épiderme et musculature développée, pour y souscrire…

2018-06-26-14-18-33A-t-on les mêmes exigences quant à l’apparence concernant les hommes et les femmes ? En fut-il toujours ainsi dans notre société ?

Justement, si on reste moins tolérant par rapport aux stigmates du vieillissement ou aux rondeurs que peut présenter une femme versus ceux des hommes ( l’exemple que nous citons dans le livre est celui Claire Chazal, évincée du JT alors qu’elle a six ans que Jean-Pierre Pernaut, toujours en poste en témoigne),  il me semble malgré tout qu’une convergence entre les genres tend à se faire. Des hommes aussi, on attend désormais qu’ils affichent un physique frais, dynamique et peu marqué et il n’est plus rare, notamment dans certains métiers de la banque et de la finance, qu’ils puissent être relégués de postes de front-head à ceux de back-head parce qu’ils n’incarnent plus assez bien l’image de leur entreprise. Et ils sont aussi écrasés par certains modèles médiatiques, tels que celui qu’offre l’acteur Dwayne Johnson, qui n’a pas le talent de Johnny Depp ou de Daniel Day Lewis mais beaucoup de plus de pectoraux, de biceps et d’abdominaux et qui a été l’acteur le mieux payé du monde en 2016 ( le deuxième en 2017). Ce qui explique qu’ils soient de plus en plus nombreux à verser dans la bigorexie, l’addiction au sport que l’ex-footballeur Bixente Lizarazu évoque dans son autobiographie, pour tenter de se rapprocher de ce stéréotype, là-aussi quasi inatteignable, de beauté masculine

2018-06-26-14-19-28Comment expliquez-vous le fait que la pression sociale sur le corps physique est plus orientée en direction des  femmes ?

Parce qu’elles n’ont longtemps existé qu’à travers ce prisme du paraître. Il faut quand même avoir à l’esprit que les droits des femmes sont des conquêtes très récentes. Ça ne fait que cent cinquante ans qu’elles ont véritablement accès à la scolarité, soixante-quatorze qu’elles votent et cinquante-trois qu’elles peuvent exercer la profession de leur choix sans l’autorisation de leur époux, lorsqu’elles sont mariées. Leur plastique a été longtemps leur unique diplôme, leur seule carte de visite et leur seul avenir. Mais si cette époque est désormais révolue, on ne se débarrasse si facilement de millénaires d’archaïsme…

Quels rôles ont joué les réseaux sociaux quant à ce métier ? D’ailleurs, l’impact est-il différent selon que cela soit  You tube -qui aurait une plus grande propension à  « je suis comme je suis »- ou  instagram -qui serait plutôt  « moi en mieux » – et selon que cela soit un homme ou une femme ?

Une étude britannique de la Royal Society for Public Health que nous mentionnons dans Le pouvoir de l’apparence établit effectivement que YouTube, sur lequel s’expose l’humanité dans toute sa diversité, était le seul réseau social à avoir un effet légèrement positif sur la santé mentale de ceux qui l’utilisent et que tous les autres, de Snapchat à Facebook en passant par Twitter étaient toxiques pour l’image de soi ; le plus dévastateur étant cependant Instagram. Selon les sondés, il fait « se sentir beaucoup plus mal » avant qu’après.

2018-06-26-14-17-20En accord avec votre livre des études ont montré qu’une belle apparence pour une femme peut être néfaste dans certains milieux professionnels (fonction publique, politique, industriel…) alors que pour les hommes une belle apparence dans tous milieux est favorable. Comment l’expliquez –vous ?

Parce que la joliesse des femmes est encore dans les têtes, notamment celles des messieurs, très souvent inconsciemment corrélée à la bêtise. C’est le syndrome du « beauty is beastly » ou sa variante de « la blonde idiote ». L’idée reçue veut qu’il soit impossible qu’une femme belle ou très belle puisse devoir son poste ou son avancement à ses compétences plutôt qu’à ses traits ou à sa silhouette. Le second facteur à prendre en compte est l’éventuelle jalousie que les responsables de ressources humaines, qui sont fréquemment des femmes elles aussi , éprouvent à leur égard. Ce n’est pas une vue de l’esprit ou une simple hypothèse puisque des travaux scientifiques israéliens que nous citons dans le livre le prouvent…

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