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Apprivoiser son vieillissement pour être au top !

18 ans : le corps commence à se dégrader. Cependant, on ne le sent pas, on ne le voit pas, et surtout, on se sent au top de sa forme. Malheureusement, cette « ignorance » va se payer plus tard avec les années par un vieillissement plus marqué et par la survenue de maladies chroniques. Or, aujourd’hui nous avons la capacité d’anticiper, de modifier le cours de notre vieillissement.

Dr-Christophe-de-JAEGER-2Rencontre avec le docteur Christophe de Jaeger, référent international dans le domaine de la longévité en bonne santé.

Comment définiriez-vous le vieillissement ?
Le processus du vieillissement de chacun de nous s’effectue tout au long de sa vie, selon notre propre organisation psychique et notre capacité à faire face aux différents traumatismes qui touchent notre être dans sa dimension corporelle, intellectuelle et sociale. Cependant, il n’y a pas de vieillissement de nos forces pulsionnelles qui donnent vie au psychisme : le désir n’a pas d’âge.
Dans notre société vieillir est attaché à une mauvaise image car souvent la vieillesse est rattachée à la maladie et la perte d’autonomie.  Or, on peut vieillir sans être malade, autonome et en pleine santé…sous réserve que l’on sache s’entretenir !

people-516378_640A partir de quel âge le processus s’enclenche ?
Contrairement à ce que l’on pense, nous vieillissons dès la conception. Le vieillissement jusqu’à l’âge de 18 ans est un processus positif et constructif. Ce n’est qu’à partir de 18 ans que le corps commence à s’altérer, à se dégrader.

Mais entre 20 et 30 ans, on a de telles réserves que l’on se croit immortel. On est au « top » de sa vie et pourtant tous nos systèmes physiologiques commencent à se dégrader.

Entre 30 et 50 ans, j’appelle cette période le « hold up temporel, car ce sont 20 ans que nous ne voyons pas passer. Il est particulièrement important de ne rien négliger et de redoubler d’attentions quant à des fatigues inhabituelles ou d’autres manifestations qui peuvent conduire à un vieillissement prématuré d’un organe.

people-2557496_640Entre 50 et 60 ans, tous les paramètres qui étaient au vert passent à l’orange : le cholestérol monte, mais on n’est pas hypercholestérolémique, le sucre monte, mais on n’est pas diabétique, la tension artérielle monte mais on n’est pas hypertendu… enfin pour l’instant.

Entre 60 et 70 ans, tout change. Il faut savoir que l’espérance de vie en bonne santé est en France de 63 ans pour un homme et de 65 ans pour une femme. L’espérance de vie totale est bien plus importante et cela montre que l’on va vivre, mais malade.

Entre 70 et 80 ans, le vrai enjeu est la perte d’autonomie. Après 80 ans, malheureusement, statistiquement il ne reste plus beaucoup à vivre et surtout en bonne santé. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de gens qui vont vivre 90 ans ou plus, plutôt bien, mais encore une fois, ils restent une petite minorité.
J’ajouterais que le vieillissement est un processus sournois, insidieux qui ne prévient pas. Tout commence à bas bruit et se dégrade doucement.

Cependant, vous avez des signes du vieillissement que tout le monde connait.

Prenez un exemple : à 30 ans on perd facilement les kilos en trop…Mais à cinquante ans, c’est beaucoup plus difficile !
Je n’évoque pas non plus ici l’impact brutal de la ménopause sur les femmes qui vient accélérer d’un coup leur vieillissement !

DSC02912Prenez encore un exemple : le sucre…Ingrédient emblématique de la douceur et dont j’invite les internautes à se passer vu de ses ravages. Et bien la capacité à métaboliser le sucre se dégrade doucement avec l’âge. Le sucre va se comporter dans l’organisme comme une « glue » qui va agréger les protéines et les rendre non fonctionnelles. Et plus on vieillit, plus on se caramélise.

A vous entendre, il ne fait pas bon vieillir …
Oui et non. Cela dépend. Il suffit simplement de prendre conscience du phénomène et donc de se prendre en charge très tôt afin d’anticiper la dégradation de nos organes. Il faut simplement que l’on gère avec intelligence son Capital Santé. J’insiste mais c’est le mauvais vieillissement qui est dramatique, pas le vieillissement en lui-même, qui n’est qu’un marqueur du temps qui passe. Aujourd’hui, de nombreuses découvertes scientifiques nous montrent que nous pouvons agir sur notre vieillissement en le retardant, voir même en l’inversant.

DR DE JAEGERQuels sont les marqueurs du vieillissement?
D’abord, notez que l’âge physiologique ou âge biologique ou encore, âge fonctionnel est le reflet de nos capacités physiques contrairement à l’âge chronologique qui est notre âge civil. Notre âge chronologique ne peut que se dégrader chaque jour qui passe, alors que notre âge physiologique peut s’améliorer en fonction de nos actions.

Prenons un exemple pour identifier un marqueur de vieillissement : la composition corporelle.
Nous avons une machine qui permet de mesurer avec précision les différents compartiments corporels (muscles, graisse et os). Si par exemple, notre poids (sur un pèse personne) reste identique de 20 à 60 ans, ce qui déjà est rarement le cas, la composition même de notre corps va changer. Nous allons perdre du muscle, de l’os, de l’eau et gagner de la graisse. Dont d’ailleurs, les modifications de silhouettes que nous observons en vieillissant. Cette modification de la composition corporelle est un marqueur du vieillissement. Vous pouvez très bien avoir 35 ans et avoir une composition corporelle d’une personne de 60 ans, voire plus. Le grand intérêt de cette mesure est que l’on peut l’améliorer et ceci parfois rapidement.

Un autre exemple : les artères.
Avec l’âge, elles se rigidifient. Un dicton populaire dit d’ailleurs « on a l’âge de ses artères ». Ce vieillissement artériel varie chez chacun en fonction de ses gènes, de son mode de vie, de son environnement. Or nous pouvons assez simplement mesurer « l’âge des artères » en mesurant leur rigidité. Mais là encore, vous pouvez à 35 ans avoir une rigidité artérielle de quelqu’un de 50 ans, rigidité que vous pouvez améliorer en prenant les bonnes résolutions.

Que proposez-vous pour traiter les signes visuels du vieillissement (peau, posture …) ?
Il faut toujours garder en tête que la peau est le reflet de ce qui se passe à l’intérieur de l’organisme. Donc, il est important d’observer ces changements. C’est un très bon indicateur de ce qui se passe à l’intérieur du corps.
Bien sûr, je ne vais pas interdire de faire des injections pour corriger les rides, mais une peau qui se dégrade est un indice physiologique que nous mesurons et qui doit faire réfléchir. Et, il est important de noter que s’injecter, c’est aussi se priver d’un indicateur quant à ce qui se passe à l’intérieur du corps. Pour les plus accros, je conseille d’observer sa peau, de réaliser des analyses quant aux marqueurs du vieillissement et ensuite, procéder aux injections, si nécessaire.

microscope-275984_640Que suggérez-vous pour prendre en charge le vieillissement ?
Nous avons une approche scientifique. D’abord, nous étudions le mode de vie de la personne, Nous pratiquons de nombreuses analyses : anti oxydant, bilan hormonal, nutritionnel, dosage des omégas…Ce sont des bilans qui peuvent prendre entre deux et quatre heures. Puis, nous mettons en place des corrections des carences, des déséquilibres métaboliques qui existent.

Tout le monde ne peut pas venir au sein de votre institut. Que conseillez-vous à ces personnes?
L’autosupplémentation doit être bannit.
Il existe de nombreux services de physiologie dans les hôpitaux (services d’explorations fonctionnelles), dont certains ont des consultations externes ouvertes aux patients. Il existe également de nombreux médecins en France qui ont une approche préventive et qui peuvent vous aider dans votre prise en charge. L’idée étant avant chaque décision d’intervention de faire un point physiologique basé sur une exploration fonctionnelle.

pillQuel serait le message que vous souhaiteriez faire passer aux internautes ?
Les médecins ont de tout temps été formés à apporter une réponse à la maladie. Aujourd’hui, la médecine évolue et il me parait important de nous tourner vers la santé et une meilleure gestion de notre Capital Santé. Je cherche à développer cette notion fondamentale qui est de « comment maintenir notre capital santé le plus haut possible et le plus longtemps possible» et c’est tant mieux, si de plus en plus de gens, de plus en plus jeunes, adhérent à ce principe fondamental.
Par ailleurs, je conseille aussi aux personnes qui s’auto supplémentent de faire attention où elles achètent leurs compléments alimentaires. Les normes européennes sont strictes, en dehors de l’espace européen…il faut faire attention, car dans certains pays, il n’y a même parfois pas de règles quant à la fabrication (hygiène, dosage, composition…) Les conditions sanitaires de production sont un vrai problème surtout à l’heure d’internet. Et pensez aussi à l’association des compléments alimentaires. Certaines peuvent être nocives selon les individus.

Le Docteur de Jaeger
Le docteur Christophe de Jaeger est diplômé de la faculté de médecine de Paris et également de la faculté des sciences. Il est le président fondateur de la Société Française de Médecine et Physiologie de la Longévité et de l’Institut Européen de la Longévité. Il est l’auteur de nombreux ouvrages grand public et un spécialiste reconnu internationalement sur les thématiques de prévention du vieillissement, de gestion du Capital Santé et d’Age physiologique.

2017-10-22-11-42-25 (1)Pour en savoir plus, un livre !

Longue Vie. Par le docteur Christophe de JAEGER, Editions Télémaque., 224 pages, 17 euros.

 

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